Globo Madrid - Un rover à capteur quantique appliqué à l'archéologie à Reims

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Un rover à capteur quantique appliqué à l'archéologie à Reims
Un rover à capteur quantique appliqué à l'archéologie à Reims / Photo: Sameer Al-DOUMY - AFP

Un rover à capteur quantique appliqué à l'archéologie à Reims

Sur ses quatre petites roues, un rover à capteur quantique sillonne vendredi la surface d'un parking, pour repérer des vestiges médiévaux dans le sous-sol: cette technologie innovante était testée cette semaine à Reims, appliquée pour la première fois à l'archéologie.

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Le gravimètre différentiel quantique du rover lui permet de mesurer les variations extrêmement fines de la gravité terrestre à l'aide de petits nuages d'atomes en chute libre.

C'est une technologie "non invasive: on n'envoie rien dans le sol, elle est sensible à la masse du sol. Il faut juste être au-dessus d'une cavité pour la détecter", explique à l'AFP Camille Janvier, physicien doctorant chez Exail.

Cette entreprise française de technologies de pointe a développé ce capteur et coordonne un projet européen de gravimétrie quantique (FIQUgs) fédérant 10 partenaires de sept pays, dans le cadre duquel s'inscrit ce test à Reims.

Après une première expérimentation avec un prototype à Lisbonne en 2024, le site de Reims a été retenu pour ce test grandeur nature par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), également membre du consortium européen, en raison de son intérêt archéologique.

En 2019, le BRGM y avait identifié des vestiges médiévaux de remparts, de fossés et de portes. "C'est un site déjà contrôlé. On connaît donc le signal qu'on doit obtenir", explique Thomas Jacob, ingénieur géophysicien au BRGM.

La comparaison entre les données de 2019 et celles recueillies avec le rover cette semaine vise à valider la technologie. Deux autres tests, avec des typologies distinctes de sol, auront lieu d'ici septembre, aux Pays-Bas et dans la Nièvre.

L'archéologie a été révolutionnée ces dernières années par une autre technologie non invasive, le Lidar. Mais cette télédétection par laser, qui mesure la surface par des faisceaux lumineux réfléchis par le sol, ne permet pas de mesurer ce qu'il y a sous la terre, rappelle M. Janvier.

Le capteur quantique d'Exail est déjà utilisé en volcanologie et en hydrologie, mais de manière statique. Le fait d'être embarqué sur un rover lui ouvre d'autres champs d'application potentiels, au-delà de l'archéologie, notamment dans le génie civil et le BTP.

S.Navarro--GM