Ligue des champions: et pourtant, Paris a encore une marge de progression
Exceptionnel en première période, beaucoup moins en seconde, le Paris SG a pu mesurer contre Manchester City (4-2) mercredi soir les progrès qu'il lui reste à accomplir dans la durée d'un match mais a réussi son premier grand test avant un autre face au FC Barcelone la semaine prochaine.
De ce match fou, "étrange" du propre aveu de l'entraîneur des Citizens Enzo Maresca, il est difficile de tirer une analyse limpide. Rarement a-t-on vu une équipe aussi dominante en première période être autant dépassée en seconde.
Les artistes du Paris SG, emmenés par deux grands maîtres, Désiré Doué et Fabian Ruiz, ont peint un chef-d'œuvre lors des 45 premières minutes. Qualité technique, justesse des choix et des déplacements, précision des passes et des tirs, pression tout-terrain... le double champion d'Europe a affiché toute la palette de Luis Enrique face à des Citizens dépassés.
Doué (13e), Ousmane Dembélé (15e) et Vitinha (32e) ont apporté les touches finales à cette toile sublime, qui sera très bien placée dans le musée des plus grandes prestations parisiennes.
Mais il faudra pour cela oublier que le PSG avait laissé ses pinceaux au vestiaire à la mi-temps. Ou plutôt qu'ils avaient été subtilisés par les Mancuniens, bien décidés à recouvrir cette œuvre de bleu ciel.
- "Des problèmes pour presser" -
Il n'ont toutefois réussi à faire fructifier que deux de leurs 21 frappes cadrées - grâce à Erling Haaland (53e, 75e) - lors de ce second acte étouffant pour Paris, avec plusieurs interventions décisives de Matveï Safonov et Nuno Mendes quand les montants ne repoussaient pas les tentatives anglaises.
Luis Enrique a d'ailleurs reconnu que son équipe avait eu de la "chance". Mais il a aussi trouvé des fondements rationnels à cette glissade, mettant en avant "des problèmes pour presser", après avoir tutoyé "la perfection" lors du premier acte.
L'entrée en jeu d'Ayyoub Bouaddi et le repositionnement d'Enzo Fernandez au poste de meneur de jeu au retour des vestiaires a changé la dynamique dans l'entrejeu: le PSG a soudainement été pris dans l'intensité, incapable de lancer les séquences de possession qui font sa force, subissant des vagues.
"Notre marge de progression, c'est de commettre moins d'erreurs sous pression, a développé Luis Enrique. On a été distrait en début de deuxième période, et quand tu donnes des espaces et du temps à des joueurs de cette qualité, tu as des problèmes."
Voici donc l'un des aspects que le club de la capitale doit corriger dans les mois qui le séparent du printemps, où la Ligue des champions rendra son verdict. S'il veut réussir son grand objectif de la saison, le triplé, l'effectif parisien doit améliorer sa condition physique pour être en mesure de maintenir sa pression sur la durée d'un match.
- Calcul physique assumé -
Mais son entraîneur espagnol l'a répété à de nombreuses reprises depuis le début de la saison, son but est d'emmener ses joueurs jusqu'au sommet de leurs capacités physiques en deuxième partie de saison.
"Ce n'est pas important d'être à son meilleur à ce niveau de la compétition, a-t-il encore dit après la rencontre. Quand arrive le mois de mars, c'est ça, notre objectif."
Même discours de la part d'Ousmane Dembélé: "En octobre ou en mars, ce n'est pas la même chanson."
Il faudra aussi être meilleur dans le domaine aérien, même s'il est peu probable que le Paris Saint-Germain affronte souvent des équipes alignant quatre défenseurs centraux de formation au coup d'envoi en plus d'Erling Haaland, redoutable dans ce domaine.
Manchester City a fait sa loi lors des coups de pied arrêtés durant toute la rencontre, et c'est un petit miracle si Paris n'a pas pris de buts dans cette phase de jeu.
La venue du FC Barcelone au Parc des Princes mardi prochain doit permettre au PSG de confirmer que même à ce stade de la saison et sans être au sommet de son art, il domine bien l'Europe.
K.Duran--GM