Au Nigeria, le "choc" après l'annonce d'un premier cas d'Ebola de souche Bundibugyo
Le Nigeria est le quatrième pays africain cette année à être touché par le virus Ebola de souche Bundibugyo, qui ravage la RDC depuis cinq mois, ce qui ravive le souvenir de l'âpre combat du pays le plus peuplé d'Afrique contre cette maladie il y a douze ans.
La République démocratique du Congo (RDC) est en proie depuis le mois de mai à la 17e épidémie de maladie à virus Ebola de son histoire, devenue en quelques mois la plus meurtrière jamais connue dans ce vaste pays d'Afrique centrale.
Cette fièvre hémorragique virale mortelle s'est depuis propagée à plusieurs pays du continent dont l'Ouganda voisin de la RDC, qui avait enregistré 20 cas et deux décès avant de déclarer fin août l'épidémie éradiquée dans le pays.
Le Kenya a récemment déclaré son neuvième cas. Le patron de l'agence de santé de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, a mis en garde mardi contre "une menace extrêmement grave" et appelé à la mobilisation internationale.
- Bundibugyo -
Au Nigeria, les autorités ont annoncé mardi le premier cas d'Ebola, une diplomate arrivée à Abuja à bord d'un vol en provenance d'Ouganda. Elles ont également identifié 44 cas-contact.
Mercredi, elles ont confirmé que ce cas est de la souche Bundibugyo, la même qui touche actuellement la RDC.
"Nous avons effectué trois niveaux de tests, tous moléculaires. La souche était Bundibugyo", a déclaré Olajumoke Babatunde, directeur des services de laboratoire de santé publique au Centre nigérian de contrôle et de prévention des maladies (NCDC) à l'issue d'une réunion d'urgence mercredi matin.
Un autre responsable a précisé qu'il s'agissait "d'une diplomate" dont l'état s'est aggravé jusqu'à une "défaillance multiviscérale".
Elle était arrivée au Nigeria le 3 octobre d'un vol en provenance d'Ouganda, a précisé le NCDC.
Mardi le ministre nigérian de la Santé, Ali Pate, avait expliqué qu'elle avait été admise dans un hôpital privé de la capitale Abuja "où elle a été prise en charge pendant plusieurs jours avant que le diagnostic ne soit confirmé".
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué dans un communiqué que les mesures de prévention et de contrôle des infections étaient "renforcées" dans l'hôpital privé huppé où la patiente est admise.
Un essai clinique est en cours mais il n'existe à ce jour ni vaccin, ni traitement spécifique contre le virus Bundibugyo.
- "Un choc" -
À ce jour, l'épidémie a passé la barre des 9.000 cas, pour 4.381 décès, selon un bilan des autorités sanitaires congolaises, et des cas ont été recensés dans plusieurs autres pays.
Le Nigeria a été confronté à Ebola il y a douze ans, en 2014, quand l'épidémie battait son plein en Afrique de l'Ouest. Cette maladie très contagieuse avait fait plus de 11.000 morts dans la région entre fin 2013 et 2016.
Un premier cas avait alors été signalé à Lagos, capitale économique tentaculaire de 20 millions d'habitants à l'époque, faisant craindre une propagation rapide de la maladie et une "épidémie urbaine apocalyptique", selon les termes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Mais grâce à la prise en charge rapide des autorités et de l'aide technique des organisations internationales présentes au Nigeria, l'épidémie avait été rapidement maîtrisée et n'avait duré que 21 jours avec seulement sept morts et 19 personnes contaminées.
"Cela a été un véritable choc lorsque nous avons appris la nouvelle hier", a confié à l'AFP Anthony Ojogho, fonctionnaire de 42 ans, dans les rues d'Abuja mercredi matin, qui se dit confiant dans la capacité du pays à "endiguer la propagation du virus".
Denis Agbo, avocat de 56 ans, a appelé à la mise en place d'une "campagne de sensibilisation au sein de la société, dans chaque ville, dans chaque État".
"Le gouvernement fédéral ainsi que les collectivités locales doivent se mobiliser", a abondé Kayode Lukman, retraité.
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E.Ortega--GM