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BCE: le départ anticipé de la présidente Christine Lagarde ouvre la course à sa succession

BCE: le départ anticipé de la présidente Christine Lagarde ouvre la course à sa succession

Après des mois de spéculations, Christine Lagarde a annoncé jeudi son départ anticipé de la BCE, ouvrant une bataille de succession qui mobilise déjà les principales capitales de la zone euro.

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"Je quitte cette institution avec le sentiment du devoir accompli et une BCE prête pour l'avenir", a déclaré Mme Lagarde dans un message vidéo posté sur X, juste avant la publication d'un communiqué de l'institution de Francfort.

En quittant son poste dès février prochain, Christine Lagarde ouvre la possibilité au président français sortant Emmanuel Macron de participer à la désignation de son successeur avant l'élection française du printemps, tandis que les sondages donnent actuellement Marine Le Pen parmi les favorites pour le scrutin.

Berlin affiche déjà ses ambitions pour le prochain partage des postes-clés au sein de la BCE.

Tout en exprimant envers Mme Lagarde son "grand respect pour son action à la tête de la BCE", le ministre des Finances allemand Lars Klingbeil souligne dans un message que l'Allemagne "fera valoir son poids de plus grand pays de la zone euro afin de contribuer à la mise en place d'une direction de la BCE largement soutenue et responsable".

Le successeur de Mme Lagarde sera nommé par le Conseil européen conformément à la procédure prévue par les traités de l'Union européenne.

- Bataille politique -

Le départ anticipé de la première dame de l'euro ouvre de fait une bataille de succession à forts enjeux politiques entre les principales capitales de la zone euro, avec deux favoris qui émergent déjà : l'ancien gouverneur de la banque centrale néerlandaise Klaas Knot et Pablo Hernández de Cos, l'ex-patron de la Banque d'Espagne et actuellement à la tête de la Banque des règlements internationaux (BRI).

Ce dernier est donné favori par des économistes, mais selon un diplomate européen favorable à la candidature de Klaas Knot, ce dernier apparaît comme le candidat le plus solide.

Il met en avant un contexte marqué par les tensions sur les marchés obligataires et la remontée des taux, face à une inflation encore élevée alimentée par la guerre avec l'Iran.

Toujours selon cette source, après deux présidents français - Jean-Claude Trichet (2003-2011) et Christine Lagarde - et un Italien - Mario Draghi (2011-2019) - à la tête de la BCE, le moment serait venu pour un candidat d'Europe du Nord.

La désignation du prochain président de la BCE s'inscrit aussi dans un vaste renouvellement de la direction de l'institution de Francfort.

Outre la présidence, les postes de chef économiste, occupé par l'Irlandais Philip Lane jusqu'en mai 2027, ainsi que celui de membre du directoire, pour remplacer l'Allemande Isabel Schnabel, qui doit rejoindre le FMI début 2027, sont à nommer.

Derrière la bataille des personnes se joue en réalité un délicat partage des postes entre grands pays de la zone euro. Paris pousserait ainsi pour obtenir la fonction influente de chef économiste si la présidence revenait au Néerlandais Klaas Knot.

Un troisième candidat de compromis pourrait toutefois émerger pour la présidence si les grands pays ne parvenaient pas à s'entendre, comme ce fut le cas en 2019 avec l'arrivée surprise de Christine Lagarde à la tête de la BCE.

- Sortir de la neutralité -

Propulsée à la tête de l'institution de Francfort en novembre 2019 après avoir dirigé le Fonds monétaire international (FMI), l'ancienne ministre française des Finances aura traversé une succession de crises majeures, de la pandémie de Covid-19 à la flambée des prix de l'énergie provoquée par la guerre en Ukraine.

Mme Lagarde a indiqué jeudi aux 27 membres du Conseil des gouverneurs qu'elle souhaitait quitter la BCE avant la fin de son mandat afin de "retrouver une plus grande liberté d'expression sur des sujets non monétaires", selon une source proche des débats.

Elle a estimé "ne plus pouvoir rester neutre face aux évolutions qu'elle observe en France et dans le monde", ajoutant qu'elle souhaitait pouvoir être utile "en tant que Française, citoyenne européenne et citoyenne du monde", a ajouté cette source. La BCE n'a pas fait de commentaire.

Reste désormais à savoir quelle sera la prochaine étape pour Christine Lagarde, 70 ans, figure familière des grandes organisations internationales.

Celle qui a écarté fin septembre l'idée d'une candidature à l'Élysée est citée parmi les personnalités susceptibles de prendre la tête du Forum économique mondial de Davos.

F.Delgado--GM