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Mille jours depuis le 7-Octobre: en Israël, une commémoration sur fond de divisions
Mille jours depuis le 7-Octobre: en Israël, une commémoration sur fond de divisions / Photo: ilia YEFIMOVICH - AFP

Mille jours depuis le 7-Octobre: en Israël, une commémoration sur fond de divisions

Israël commémore jeudi le millième jour depuis l'attaque du mouvement islamiste palestinien Hamas contre son territoire le 7 octobre 2023, sur fond de profondes dissensions et du refus du gouvernement de créer une commission d'enquête d'Etat.

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"Mille jours après l'événement, nous sommes encore en plein dedans", commente Dina Hertz, une habitante de Jérusalem, interrogée par l'AFP.

"Ce qui aurait pu être fait pour parvenir à tourner la page ne l'a pas été: une véritable commission d'enquête, une véritable prise de responsabilité, des conclusions tirées pour de bon", déplore la quinquagénaire.

Cet anniversaire est ponctué par une série d'événements commémoratifs et de manifestations à travers le pays, débutés dès 06H29 (03H29 GMT).

C'est l'heure précise à laquelle le Hamas a lancé son attaque sanglante contre Israël il y a près de trois ans, faisant 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP, et déclenchant une guerre dévastatrice dans la bande de Gaza.

L'organisation "Comité octobre", fondée par des familles de victimes et d'otages du 7-Octobre, est l'une des principales initiatrices de ces rassemblements.

L'esplanade du musée des Beaux-arts à Tel-Aviv, devenue "place des Otages", l'un des lieux emblématiques de la mobilisation pour leur retour, a été à cette occasion officiellement rebaptisée "place de la Mémoire".

Sur place, sous un soleil de plomb, une jeune fille joue du piano, sur lequel sont collés des dizaines d'autocollants avec des photos de victimes et de soldats tombés au combat.

"Le millième jour est un jour de larmes, un jour de rage, un jour de colère et, surtout, un jour de deuil", lance Eyal Eshel, père d'une soldate tuée le 7 octobre.

"Depuis mille jours, nous continuons à compter, et nous continuerons à le faire jusqu'à ce qu'une commission d'enquête d'État soit mise en place et que ce gouvernement ne soit plus au pouvoir", a-t-il ajouté.

- "Mépris" -

La principale commémoration se tient à 20H00 (17H00 GMT) au parc Hayarkon de Tel-Aviv, réunissant familles et figures du mouvement de protestation contre les autorités israéliennes et leur gestion des événements.

"La déconnexion et le mépris que je ressens de la part de personnes élues démocratiquement(...) me troublent profondément", témoigne Mme Hertz. "C'est pour cela que je continue à manifester".

Lors d'une rencontre avec un groupe de familles endeuillées, le président israélien Isaac Herzog a déclaré que cette journée était "un rappel de la capacité d'Israël à se relever de la crise et d'une douleur insoutenable".

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu est arc-bouté dans son refus d'une commission d'enquête d'Etat, pourtant conforme à l'usage en Israël et réclamée par une large majorité de la population souhaitant que soient établies les responsabilités dans l'échec des autorités à voir venir et empêcher l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue le pays.

Le dirigeant est aussi critiqué par des médias israéliens l'accusant de réécrire l'histoire. Il a affirmé par exemple, à plusieurs reprises, avoir ramené "tous nos otages", omettant de préciser que 41 d'entre eux ont été tués en captivité à Gaza.

"Cette journée nous rappelle notre responsabilité globale et le poids qui repose sur nos épaules", a souligné le chef d'état-major de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir. "Nous nous souvenons, nous apprenons et nous nous préparons à la poursuite du combat et aux nombreux défis qui nous attendent encore".

Gadi Eizenkot, ancien chef de l'armée, désormais opposant politique de Benjamin Netanyahu et candidat à sa succession lors des législatives prévues d'ici fin octobre, a lui déclaré sur X: "1.000 jours. Nous serons à la hauteur. Je m'y engage".

Depuis octobre 2025, un fragile cessez-le-feu est en vigueur dans la bande de Gaza, ravagée par une guerre qui a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

H.Marquez--GM