Mairie de Limoges incendiée : interpellation de "l'un des suspects", lié à l'ultragauche
Un homme connu de la police pour son appartenance à l'ultragauche a été interpellé mardi matin en Haute-Vienne dans l'enquête sur l'incendie volontaire de la mairie de Limoges, l'un des symboles des débordements survenus samedi dans toute la France lors des mobilisations du 17 octobre.
Ce trentenaire est présenté par le parquet de Limoges comme "l'un des suspects" de l'incendie de l'hôtel de ville, bâtiment classé en grande partie détruit lors de violences observées en marge de la mobilisation nationale de samedi.
Le mis en cause a été interpellé sur la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne) avec l'appui de l'antenne bordelaise du RAID, unité d'élite de la police nationale, a précisé la procureure Émilie Abrantes dans un communiqué. "L'identification de ce suspect a été rendue possible grâce à un minutieux travail de recoupement des images et vidéos collectées par les services d'enquête."
"La garde à vue du mis en cause sera prolongée en fin de journée (mardi), celle-ci pouvant être portée à 96 heures" en matière de bande organisée, a-t-elle ajouté, précisant que les auditions, investigations et constatations, notamment techniques, se poursuivent.
Âgé de 34 ans, l'homme est fiché S pour son appartenance à l'ultragauche et est connu pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, selon une source policière.
Il est originaire du département voisin de la Creuse, a précisé une source policière syndicale.
- Probable "cerveau" ? -
L'interpellation s'est produite à 06h15 mardi matin dans une petite maison isolée à Bussière-Boffy, localité désormais regroupée au sein de la commune de Val d'Issoire.
Sous couvert d'anonymat, des voisins et connaissances ont déclaré à une correspondante de l'AFP que l'intéressé était intérimaire dans le bâtiment et engagé dans la défense de l'environnement.
Il est notamment soupçonné d'avoir pris part à une manifestation contre un projet d'usine de pellets en 2024 à Guéret et a été poursuivi pour des coups portés à un policier. Relaxé en première instance en 2025, il a été condamné en appel à un an de prison avec sursis avant de se pourvoir en cassation, selon le quotidien local Le Populaire du Centre.
"Il est d'ultragauche et il est probablement le cerveau de cette opération", a déclaré mardi à la presse le maire (Les Républicains) de Limoges, Guillaume Guérin.
"On ne détruit pas un bâtiment de deux siècles par les flammes avec une boîte d'allumettes et un briquet", a-t-il poursuivi, disant s'attendre à de nouvelles arrestations dans ce dossier.
Samedi, lors des mobilisations contre "la vie chère" qui ont donné lieu à des débordements dans plusieurs villes de France, des émeutes ont éclaté dans le centre de Limoges et des casseurs s'en sont pris à la mairie qui a brûlé.
- "Atteindre des symboles" -
Le parquet de Limoges a ouvert samedi une enquête pour destruction d'un bien par moyen dangereux en bande organisée et menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Limoges.
La sous-direction antiterroriste de la police judiciaire (SDAT) a été co-saisie, a précisé mardi le parquet.
Mais pour l'heure, le parquet national antiterroriste (Pnat) "ne s'est pas saisi et est toujours en évaluation de la procédure diligentée par le parquet de Limoges", a précisé une source judiciaire à l'AFP.
Le parquet de Limoges souligne mardi soir qu'il "conserve sa compétence dans la gestion de ce dossier, tout en poursuivant des échanges étroits avec le parquet national antiterroriste".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a promis que la mairie de Limoges serait reconstruite avec l'aide de l'État "car elle est le symbole d'une Nation qui ne se laisse ni abattre, ni intimider", doit se rendre vendredi dans la préfecture de la Haute-Vienne.
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Z.Vega--GM