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Eau, pesticides: mobilisation d'ONG contre la loi d'urgence agricole
Eau, pesticides: mobilisation d'ONG contre la loi d'urgence agricole / Photo: Anna KURTH - AFP/Archives

Eau, pesticides: mobilisation d'ONG contre la loi d'urgence agricole

"Duplomb, non c'est non": des militants d'ONG ont tenté tôt jeudi de coller et taguer leur opposition à la loi d'urgence agricole à proximité du Sénat, où le texte est examiné, avant que la sécurité n'intervienne, a constaté une vidéaste de l'AFP.

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Une vingtaine de militants d'Action Justice Climat a essayé de repeindre une palissade, annexée au Sénat, avec des slogans comme "Duplomb: Non, c'est non", "Nourrir pas détruire" et "Pour des lois qui protègent", selon un communiqué du collectif.

Des agents de sécurité sont rapidement intervenus pour les empêcher de taguer plus et ont retiré les collages.

Le sénateur LR "Laurent Duplomb et d'autres sénateurs font quelque part un véritable bras d'honneur, en fait, à cette mobilisation citoyenne, à ce qui s'est exprimé l'an dernier, en remettant, aujourd'hui, dans le texte, la réintroduction des néonicotinoïdes", s'est insurgé auprès de l'AFP Julien Rivoire, chargé de campagne chez Greenpeace.

Contre l'avis du gouvernement, les sénateurs ont intégré la réintroduction par dérogation de deux pesticides interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe, l'acétamipride, un néonicotinoïde, et le flupyradifurone, dangereux pour les abeilles, qui jouent un rôle essentiel dans la pollinisation des arbres fruitiers et de nombreuses cultures.

L'an dernier, une mesure similaire avait entraîné la signature d'une pétition par plus de deux millions de citoyens avant d'être censurée par le Conseil constitutionnel.

Pour Julie Rivoire, "quand c'est non, c'est non. Et donc, non, M. Duplomb, (...) les néonicotinoïdes, on n'en veut pas, l'accaparement de l'eau pour l'agro-industrie (...) on n'en veut pas".

Les ONG sont remontées contre l'ensemble du texte de loi, adopté par l'Assemblée et en fin d'examen au Sénat, qui a voté ces derniers jours des assouplissements supplémentaires dans la gestion de l'eau au profit des agriculteurs, provoquant aussi la colère de la ministre de la Transition écologique Monique Barbut.

Ce volet a même fait réagir le Medef, organisation patronale, inquiet à l'idée "d'un accaparement sans contrepartie et sans limite" de cette ressource par l'agriculture.

Pour Nicolas Garnier, délégué général du réseau de collectivités Amorce, le Sénat "a été le théâtre d'une véritable tragédie. Toutes les tentatives de toutes sensibilités politiques (y compris à droite) d'amender le texte pour mieux concilier les intérêts du monde agricole et ceux du reste de la société, au premier rang desquels les collectivités en charge de fourniture d'une eau en quantité et en qualité suffisante, ont été balayés".

Il a appelé à une mobilisation "dans les prochains jours" pour "éviter" l'adoption d'un texte qui "va mettre en danger l'accès à l'eau des Français et des activités économiques du pays".

L.Ruiz--GM