Une juge somme Trump de témoigner dans sa procédure en diffamation contre la BBC
Donald Trump a essuyé jeudi un revers dans son action en diffamation contre la BBC, une juge le mettant en demeure de permettre au groupe audiovisuel public britannique de recueillir son témoignage sous serment d'ici au 11 décembre.
Cette juge fédérale de Miami (sud-est) donne ainsi satisfaction à la BBC qui accuse le président américain de se dérober depuis des mois alors que, selon ses avocats, "la déposition du plaignant dans une action en diffamation" est essentielle à la défense.
A la suite de l'annulation de la date du 16 octobre convenue entre les deux parties, "en raison de questions d'importance nationale", les avocats du président ont affirmé qu'il ne serait pas disponible avant janvier 2027, soit juste avant le procès, prévu en février.
En réalité, le 16 octobre, Donald Trump a prononcé un discours lors d'un rassemblement électoral républicain avant d'assister à une réunion de levée de fonds pour son mouvement MAGA dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride (sud-est), a souligné à l'audience jeudi l'avocat de la BBC, Charles Tobin.
"Il participait à des activités politiques partisanes", et n'était donc pas accaparé ce jour-là par ses responsabilités présidentielles, a plaidé Charles Tobin.
La juge Enjoliqué Lett a fait droit à la demande de la BBC de fixer une échéance à Donald Trump, sous peine de sanctions, voire de l'annulation pure et simple de sa plainte.
"Il ne s'agit pas d'un témoignage ordinaire", a fait valoir son avocat, Alejandro Brito, invoquant l'agenda très chargé de son client.
Celui-ci réclame à la BBC 10 milliards de dollars pour avoir réalisé un montage vidéo trompeur de ses propos, 5 milliards pour diffamation et 5 milliards pour violation d'une loi sur les pratiques commerciales.
En cause, des extraits du discours de Donald Trump, alors président sortant, le 6 janvier 2021, date de l'assaut du Capitole par ses partisans pour empêcher la certification de la victoire de son adversaire, le démocrate Joe Biden.
La chaîne britannique avait diffusé, juste avant la présidentielle américaine de 2024, des extraits distincts de ce discours montés de telle façon qu'il semblait appeler explicitement à prendre d'assaut le Capitole.
- Témoignage de l'ex-procureur spécial ? -
La BBC veut également faire témoigner l'ex-procureur spécial Jack Smith, qui a instruit les deux procédures fédérales contre Donald Trump, abandonnées à la suite de la nouvelle élection de ce dernier en novembre 2024.
Jack Smith a exprimé à plusieurs reprises sa conviction que "sans l'élection de M. Trump et son retour imminent à la présidence", il aurait réussi à le faire condamner dans le dossier portant sur ses tentatives présumées illégales d'inverser les résultats de la présidentielle de 2020.
Lors d'une audition en janvier au Congrès, l'ex-procureur a affirmé que Donald Trump portait une écrasante responsabilité dans l'assaut du Capitole par des centaines de ses partisans, chauffés à blanc par ses accusations sans fondement de fraude électorale.
L'enquête a conclu qu'il "était la personne la plus responsable de ce qu'il s'est passé le 6 janvier parce que les événements étaient prévisibles pour lui et que, lorsqu'ils se sont produits, il a tenté de les exploiter pour réaliser son plan", avait détaillé Jack Smith.
La juge a mis sa décision en délibéré sur ce point, donnant au ministère de la Justice jusqu'au 2 novembre pour donner ou non son aval à l'audition de Jack Smith, en tant qu'ex-procureur fédéral.
Les avocats du président s'opposent à ce témoignage, rappelant notamment que le président de la BBC Samir Shah avait envoyé en novembre 2025 une lettre d'excuses à Donald Trump et que le groupe a indiqué "regretter sincèrement la façon dont les images ont été montées".
L'affaire a poussé à la démission le directeur général de la BBC, Tim Davie, et la patronne de BBC News, Deborah Turness.
Q.Leon--GM