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L'ONU met l'UE en garde contre une aide internationale rabotée dans son prochain budget
L'ONU met l'UE en garde contre une aide internationale rabotée dans son prochain budget / Photo: John MACDOUGALL - AFP/Archives

L'ONU met l'UE en garde contre une aide internationale rabotée dans son prochain budget

"Une vision court-termiste" : L'agence de l'ONU pour les réfugiés a averti contre des coupes dans l'aide internationale de l'UE, à l'heure où l'Allemagne mène une offensive pour raboter le prochain budget européen.

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L'aide internationale est "une cible facile", regrette Jean-Nicolas Beuze, représentant à Bruxelles de cette agence onusienne, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR).

"C'est une vision court-termiste de dire que nous allons tous faire des économies en dépensant moins à l'étranger : cela aura évidemment des conséquences négatives sur notre prospérité, notre stabilité et notre sécurité", alerte-t-il.

"C'est tellement plus simple d'expliquer aux contribuables que nous allons dépenser moins d'argent à l'étranger", note le responsable dans un entretien à l'AFP.

Ce futur budget européen sera au coeur d'un bras de fer entre dirigeants européens, réunis en sommet jeudi à Bruxelles. Avec l'objectif de parvenir à un accord avant Noël.

L'Irlande, qui assure la présidence tournante de l'UE, a suggéré la semaine dernière de raboter 140 milliards d'euros de la proposition initiale mise sur la table par la Commission (environ 2.000 milliards d'euros).

Mais cette idée n'a pas satisfait le groupe de pays les plus "frugaux", emmené par Berlin, qui réclame des coupes plus importantes à l'heure où les budgets nationaux sont tous sous pression.

L'aide internationale semble dans tous les cas déjà menacée.

Dublin a proposé de réduire de 17 % l'enveloppe consacrée à l'aide à l'étranger, tout en préservant largement des postes de dépenses sensibles comme les aides aux agriculteurs européens, la PAC. L'Irlande soumet également l'idée de sanctuariser 25 milliards d'euros pour l'aide humanitaire.

Les responsables européens soulignent que les montants envisagés resteraient supérieurs à ceux du précédent budget de l'UE adopté en 2020.

"Mais cette hausse est compensée par le nombre de crises qui ont éclaté au cours des dix dernières années", rétorque Jean-Nicolas Beuze.

- Occasion "manquée" -

Pour ce responsable, "réduire l'aide humanitaire aurait un impact immédiat et visible".

"Cela signifie que des parents ne pourront plus mettre de nourriture sur la table et que des enfants n'iront plus à l'école", a-t-il déclaré, évoquant le risque d'une hausse du nombre de réfugiés.

"Mais nous avons besoin des mêmes efforts et de la même attention en matière de développement si nous voulons sortir de ce cercle vicieux qui crée de la dépendance", a abondé le représentant de l'agence onusienne.

L'avenir des financements européens est d'autant plus crucial que plusieurs États membres ont réduit leurs enveloppes pour l'aide à l'étranger, emboîtant le pas à l'administration Trump.

Aujourd'hui, l'UE et ses 27 États membres sont les plus grands fournisseurs d'aide internationale au monde.

"Être le principal fournisseur d'aide humanitaire et au développement s'accompagne de responsabilités", affirme Jean-Nicolas Beuze. "Mais c'est aussi une occasion d'étendre son influence de manière très positive."

"Ne pas utiliser ce rôle de leader reviendrait à manquer une occasion de façonner l'avenir de l'humanité, l'avenir du monde."

Contrairement au budget précédent, l'UE a proposé un fonds distinct de quelque 90 milliards d'euros pour soutenir l'Ukraine, ravagée par la guerre.

"L'Ukraine est d'une importance cruciale", a souligné Jean-Nicolas Beuze.

Mais il a également cité d'autres crises, notamment à Gaza, au Soudan, en Afghanistan et dans le Sahel, qui nécessitent elles aussi l'attention et les financements de l'UE.

"Toutes ces crises, si l'on regarde une carte, encerclent pratiquement l'Union européenne", souligne-t-il.

B.Molina--GM