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Adieu la CPME: la 2e organisation patronale devient Les Entrepreneurs, pour une nouvelle ère
Adieu la CPME: la 2e organisation patronale devient Les Entrepreneurs, pour une nouvelle ère / Photo: EMMA DA SILVA - AFP/Archives

Adieu la CPME: la 2e organisation patronale devient Les Entrepreneurs, pour une nouvelle ère

Nouveau nom, nouvel événement annuel d'envergure: la CPME devient Les Entrepreneurs et convie jeudi à une "grande assemblée" au parc des Princes, signe de l'ambition du président Amir Reza-Tofighi de faire monter en puissance la deuxième organisation patronale.

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"Ce changement de nom incarne deux ambitions", a-t-il expliqué à l'AFP : "Remettre les entrepreneurs au cœur du débat public et en faire une force de proposition beaucoup plus impactante; et d'autre part, aller chercher tous les entrepreneurs, d'entreprises de toutes tailles, qui ne sont pas aujourd'hui adhérents, pour que l'on soit collectivement plus forts".

Le nouveau nom a été accepté à l'unanimité des bureaux régionaux, a affirmé M. Reza-Tofighi, avec "quatre ou cinq abstentions".

Le président, âgé de 41 ans, a prévenu ses prédécesseurs Jean-François Roubaud et François Asselin du changement. M. Asselin avait lui-même allégé en 2017 l'ancien nom de l'ex-Confédération générale des PME (CGPME), créée en 1944, pour la simplifier en CPME.

Cette annonce est faite à la veille de la Grande assemblée des Entrepreneurs, nouvel événement annuel organisé au parc des Princes par la deuxième organisation patronale derrière le Medef.

- "Trésor pour notre pays" -

Environ 4.000 personnes y sont attendues, avec un dispositif renforcé contre la canicule. Le prix Nobel d'Economie Philippe Aghion ou encore le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin y prendront la parole.

Jeudi, le président des Entrepreneurs devrait évoquer dans son discours les souhaits du mouvement pour l'économie française, à moins d'un an des élections présidentielle et législatives.

Il devrait évoquer la nécessité de faire remonter la croissance à 2% par an sur le prochain quinquennat, au lieu de moins de 1% actuellement.

"Sans cela, nous ne financerons ni notre modèle social ni nos grandes transitions et dépenses d'avenir", a-t-il souligné mercredi soir dans une interview au Figaro.

Constatant que le pouvoir d'achat "progresse trop lentement" et que les hausses de salaires "sont trop difficiles", il a appelé dans cette interview à "redonner sa place au travail", en revoyant "complètement la mécanique des allègements de charges".

Il y souligne aussi "l'impératif de retrouver un équilibre des finances publiques", tout en conservant le modèle social français, "trésor pour notre pays", à condition de "faire des économies en luttant mieux contre les abus et les dérives".

- "Faire avancer les choses" -

"L'objectif n'est pas de rivaliser avec le Medef", le Mouvement des entreprises de France, assure-t-il à l'AFP, "mais d'avoir une parole collective plus forte: celle des Entrepreneurs est complémentaire de celle de toutes les autres organisations patronales".

M. Reza-Tofighi démontre en tout cas une grande -trop grande pour certains anciens- volonté de modernisation de son mouvement: pour cela, il a par exemple engagé pour plusieurs mois une équipe informatique de douze personnes, là où il n'y en avait aucune il y a un an.

Tout en se disant "dans la continuité" du mouvement, il a recruté de nouveaux responsables et veut lancer une Fabrique des entrepreneurs, "laboratoire de prospective" comprenant aussi des économistes et des experts.

Il pensait annoncer cette semaine à ses adhérents des changements de statuts de l'organisation mais, devant les interrogations que cela suscitait, en a différé la présentation à l'automne.

Fils d'immigrés iraniens avec l'entrepreneuriat dans la peau, Amir Reza-Tofighi a cocréé dès ses 20 ans l'entreprise de services à la personne Vitalliance, qui emploie aujourd'hui 13.500 collaborateurs.

"J'aime aller vite, prendre des risques, et parfois j'ai pu brusquer un peu", concède-t-il auprès de l'AFP. "C'est un peu le défaut de l'entrepreneur lorsqu'il est à la tête d'une organisation patronale. Mais c'est aussi sa force, qui fait qu'il arrive à faire avancer les choses", dit-il.

G.Montero--GM