Globo Madrid - Marchés: le coût de la dette s'envole avec les craintes inflationnistes, les Bourses chahutées

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Marchés: le coût de la dette s'envole avec les craintes inflationnistes, les Bourses chahutées
Marchés: le coût de la dette s'envole avec les craintes inflationnistes, les Bourses chahutées / Photo: TIMOTHY A. CLARY - AFP/Archives

Marchés: le coût de la dette s'envole avec les craintes inflationnistes, les Bourses chahutées

Les pressions inflationnistes sont revenues au centre des préoccupations des marchés mondiaux vendredi, provoquant une flambée des taux d'intérêt et une baisse des Bourses, après une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping qui n'a pas rassuré.

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Selon Jose Torres, d'Interactive Brokers, le marché obligataire "est mis à rude épreuve (...) car aucune lueur d'espoir ne se profile à l'horizon géopolitique".

Le président américain Donald Trump a dit avoir reçu des paroles encourageantes de son homologue chinois Xi Jinping pour aider à une réouverture du détroit d'Ormuz, et des promesses de ne pas livrer d'équipements militaires à l'Iran.

Les déclarations officielles chinoises n'en faisaient toutefois pas mention.

En Europe, le taux d'intérêt de la dette allemande à échéance dix ans, référence sur le continent, a retrouvé un niveau plus vu depuis 2011, à 3,18% contre 3,04% la veille en clôture.

Son équivalent français s'établissait à 3,80%, contre 3,66% en clôture jeudi.

Le rendement de l'emprunt britannique à dix ans bondissait de 4,99% jeudi à 5,18% vendredi, après avoir culminé à un plus haut depuis 2008, une dynamique renforcée par la crise politique que traverse le pays.

L'échéance à plus long terme (30 ans) était au plus haut depuis 1998, s'affichant à 5,85% contre 5,65% jeudi, soit un écart de 0,20 point de pourcentage, une très forte variation sur ce marché.

"On observe une inquiétude croissante concernant la dette publique, car les pays pourraient chercher à amortir l'impact de la hausse des prix de l'énergie par le biais de mesures de soutien aux consommateurs", a souligné auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, d'Edward Jones.

- Le pétrole en hausse

Les prix du pétrole ont d'ailleurs poursuivi leur hausse vendredi.

Le baril de Brent de la mer du Nord a gagné 3,35% à 109,26 dollars, et celui de son équivalent américain, le WTI, a avancé de 4,20% à 105,42 dollars.

Avec la flambée des coûts de l'énergie, les investisseurs continuent "de faire face aux préoccupations liées à l'inflation et à la stagflation", mélange de croissance économique ralentie et de hausse des prix, selon Fawad Razaqzada, analyste de marché, chez Forex.com.

"Un baril durablement élevé pousse les anticipations d'inflation à la hausse, possiblement vers des niveaux très supérieurs à ceux envisagés en début d'année", a résumé Florian Ielpo, analyste chez Lombard Odier.

- Les Bourses flanchent de concert -

"Les marchés actions prolongent leurs pertes" dans un climat de forte aversion pour le risque, a commenté Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en recul de 1,60%, Francfort de 2,07%, Londres de 1,71% et Milan de 1,87%.

A Wall Street également, le Dow Jones a perdu 1,07%, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a reculé de 1,54% et l'indice élargi S&P 500 a cédé 1,24%.

Les grands noms du secteur technologique et des semi-conducteurs, qui avaient bondi ces dernières semaines, souffrent vendredi de prises de bénéfices.

A Paris, STMicroelectronics a perdu 4,22%. A Francfort, Infineon a abandonné 4,23%. A Amsterdam, ASML a lâché 4,42%.

A New York, le géant Nvidia s'est replié de 4,42%, AMD a perdu 5,69%, Micron 6,62% et Intel a cédé 6,18%.

- Risque politique au Royaume-Uni -

Le Premier ministre britannique Keir Starmer est toujours en place à Downing Street, mais son autorité est en lambeaux, et la guerre de succession, qui s'annonce longue, a commencé au Labour pour tenter de l'évincer.

Entre flambée des taux d'emprunts britanniques et indice boursier londonien en forte baisse, "le message envoyé par le marché est clair", a relevé Neil Wilson.

Les marchés redoutent notamment "la perspective d'un virage à gauche majeur qui anéantirait la croissance et creuserait un déficit encore plus important dans les finances publiques britanniques", résume Kathleen Brooks, analyste chez XTB.

Sur le marché des changes, la livre sterling cédait 0,59% face au billet vert à 1,3324 dollar pour une livre vers 20H50 GMT.

G.Sanchez--GM