Landes : le feu ne progresse plus, mais "n'est pas en voie" d'être "fixé"
La débauche de moyens humains et aériens a permis samedi aux pompiers d'enrayer la progression du feu dans les Landes, mais il "n'est pas fixé et n'est pas en voie de l'être", selon le préfet Gilles Clavreul.
"On avait eu des sautes relativement importantes cette nuit, qui avaient causé un agrandissement de la surface brûlée à 1.580-1600 hectares. On en est toujours là en fin d'après-midi. Les 22 sautes qu'on a eues aujourd'hui, on les a eues principalement le matin", a ajouté le représentant de l'Etat dans ce département du Sud-Ouest à la fin d'une après-midi "plus favorable".
Dans l'après-midi, les Canadair, opérant par paires, écopaient toutes les six minutes dans un des lacs de la réserve naturelle d'Arjuzanx avant de larguer l'eau sur le principal foyer situé à 15 km à l'est et né d'une saute de feu en fin de nuit au sud de Luglon, ont constaté sur place des journalistes de l'AFP.
Ce foyer près de Garein "est le plus virulent, avec des lisières instables", a-t-il ajouté. Il en reste 30 km à traiter sur un total de 48 km, avec un vent encore présent samedi en fin de journée, même si "le passage des moyens aériens a permis de noyer les zones vulnérables les plus dangereuses".
"Le feu n'est pas fixé et n'est pas en voie de l'être", mais "on a bon espoir", si les conditions ne se dégradent pas, que "peut-être demain matin, la situation se présentera mieux", a encore déclaré le préfet, qui a demandé la reconduction des moyens aériens dimanche.
A Luglon, point de départ de l'incendie jeudi, les fumées sont moins épaisses et moins denses que les derniers jours, mais sur les routes au sud du village, on peut observer des fumerolles par centaines et des pompiers et agriculteurs qui les traitent à coup de lances à incendie.
- Noyer les lisières -
"On a arrosé toute la journée avec les pompiers et les agriculteurs", raconte un bénévole, présent à Luglon depuis vendredi en tenue de chantier et pantalon fluorescent.
"Hier soir on avait peur avec la saute de feu, qui se rapprochait de la station-service sur la route de Garein. Aujourd'hui ça paraît mieux mais le vent se lève. Comme chaque soir... J'espère que ça annonce l'orage car ça fait trois soirs qu'on attend l'orage", ajoute-t-il sous couvert d'anonymat.
Quelques gouttes de pluie ont commencé à tomber en début de soirée, mais "il faudrait qu'il pleuve pour de vrai, ça ne suffit pas", a déclaré un agent chargé des barrages filtrants à l'entrée au village.
"Comme tout le monde, j'ai eu peur pour ma maison. Les feux s'enchaînent, il va falloir changer. Est-ce qu'on a tiré les leçons après 2022?", s'interroge cet homme originaire de Gironde, où des feux avaient déjà ravagé 30.000 hectares de forêt il y a quatre ans.
Ce feu est le troisième incendie majeur de l'été dans l'immense massif des Landes de Gascogne, majoritairement peuplé de pins maritimes desséchés par les vagues de chaleur favorisées par le changement climatique, après ceux fin juillet de Biscarrosse (Landes, 3.700 hectares) et Saumos (Gironde, 42.000 hectares).
En France, 2026 bat déjà le record de surfaces brûlées en 20 ans de mesures satellitaires, selon le système européen de surveillance des feux (Effis), qui recense près de 100.000 hectares brûlés.
Dans les Ardennes, plusieurs centaines d'hectares sont menacés par un incendie qui évolue défavorablement en raison de conditions géographiques difficiles, selon la préfecture de ce département du Nord-Est.
Ailleurs en Europe, la sécheresse favorise les départs de feu dans de nombreux pays, notamment en Belgique, confrontée à l'un des plus grands incendies de son histoire, avec au moins 1.650 hectares brûlés dans un parc naturel proche de l'Allemagne. En Espagne, deux incendies en cours depuis des jours ont parcouru 40.000 hectares au total en Aragon (nord-est) et en Andalousie (sud),
E.Lopez--GM